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Première sélection du jury pour le Prix de l'Embellie
Première sélection du jury pour le Prix de l'Embellie

dim. 04 oct.

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La Bernerie-en-Retz

Première sélection du jury pour le Prix de l'Embellie

Un jury de 7 personnes a choisi 10 titres de la rentrée littéraire sur résumés et premières pages. Ils les ont lu cet été et vont prochainement sélectionner leurs 5 favoris. Cette ultime sélection sera dévoilée lors de la présentation de la rentrée littéraire et vous pourrez ensuite tous voter.

Date et lieu

04 oct. 2026, 13:00 – 31 mars 2027, 19:00

La Bernerie-en-Retz, 13 Rue Jean Duplessis, 44760 La Bernerie-en-Retz, France

Infos de l'événement




  • Ne cherche pas le chaos, Marion Brunet, Albin Michel, 21.90€


Peut-on aimer sans transmettre ? Pablo, exilé chilien installé en France depuis plus de trente ans, a élevé sa fille dans l'amour et le silence, prenant soin de lui cacher un passé marqué par la dictature, la prison et l'exil. Lorsque, à dix-huit ans, Victoria part seule au Chili, laissant son père sans nouvelles du jour au lendemain, ce dernier est contraint de revenir dans le pays qu'il a fui. Soudain confronté à une page terrifiante de sa vie autant qu'à son propre enfermement dans la douleur, sa quête devient dès lors un chemin de vérité. Avec une économie de mots et une tension magistralement orchestrée, Marion Brunet signe un roman incandescent où l'intime embrasse l'Histoire, où la violence politique marque les corps et les liens familiaux, et où la parole s'impose comme la seule issue pour se réconcilier avec soi-même.


  • Le dernier présage de Victoria Woodhull, Maxim Schwartz, Editions Philippe Rey, 18€


Un premier roman aussi subtil qu'exubérant, qui ressuscite une figure hors du commun et oubliée de l'histoire : Victoria Woodhull. " Pas de temps à perdre. Aujourd'hui, je meurs. " C'est par ces mots que, le 8 juin 1927, Victoria Woodhull annonce à son fidèle domestique Ménélas Daisastre, un jeune Marseillais traumatisé par la Grande Guerre, qu'elle entame la dernière journée de sa vie. Ce n'est pas la première fois que la patronne prédit une catastrophe au manoir de Norton's Park, dans la campagne anglaise où elle finit ses jours. Ses extravagances proverbiales et ses contradictions animent et contaminent le quotidien des domestiques, au même titre que les récits morcelés de son passé, dont il est impossible de démêler le vrai du faux. Première femme candidate aux élections présidentielles américaines en 1872, première tradeuse de l'histoire de Wall Street, voyante, fille d'escrocs de l'Ohio, pionnière de l'amour libre, fervente militante du droit de vote des femmes, actrice, écrivaine - Victoria Woodhull, comme son perroquet sans âge, semble avoir eu plusieurs vies. Tandis qu'elle va minutieusement préparer sa mort, le domestique Ménélas, affolé par ce présage qui pourrait bien être le dernier de la patronne, s'allie à la gouvernante Miss Florence Nixon pour tenter d'inverser le cours des choses. Véritable course contre le temps, cette journée riche en événements chamboulera les croyances du manoir... Régal de délicatesse et d'humour, situé dans une Angleterre envoûtante, entre Virginia Woolf et García Márquez, ce premier roman réinvente la figure extraordinaire de Victoria Woodhull, à travers les yeux de son domestique, un homme brisé n'ayant plus foi en rien. Payé pour écouter et obéir, Ménélas est le filtre par lequel la patronne se révèle - ou se dérobe. Mais, en assemblant les fragments, n'est-ce pas aussi un peu de lui-même qu'il met au jour ?


  • Le nénuphar, Alexandrine Descotes, Le Bruit du Monde, 19€


Dix années passées à apprivoiser le silence d'un père et à recomposer l'histoire d'une famille liée à celle de la médecine. Une ode au courage et une histoire hors du commun. " J'écris pour écraser la honte. Écraser la honte et faire jaillir la fierté. J'écris parce que je suis fière de mon père. " En 2007, à l'âge de dix-huit ans, Alexandrine Descotes se demande pour la première fois pourquoi elle, son frère et sa soeur sont nés triplés par fécondation in vitro. En quête de réponses, elle se tourne vers ses grands-parents paternels. Colette, sa grand-mère, entrouvre alors la porte d'un secret familial longtemps tu. À la fin des années 1950, à Lyon, la vie d'un jeune couple bascule : le corps de leur nouveau-né ne ressemble à aucun autre. Les médecins parlent d'un cas exceptionnel, " aussi rare que de gagner le gros lot à la Loterie nationale ". Face à leur impuissance, Colette et Gérard refusent de céder à la fatalité : ils mettront tout en oeuvre pour que leur fils puisse vivre dignement. Ce que cela supposera de force et de courage, la narratrice va le découvrir, et nous avec elle. En chemin : des épreuves, des rencontres, et surtout, de l'amour. Le Nénuphar est une enquête familiale subtile qui traverse les silences et les époques, une histoire hors du commun.


  • Jours sous soleil, Alix Lerasle, Le Castor Astral, 22€


Dans ce nouveau roman, très rythmé, à l'atmosphère incarnée et sensorielle, Alix Lerasle confirme la singularité de son écriture et de sa voix.

- Alors que la ville suffoque sous la chaleur, Sébastien apprend qu'il est malade. Pour ses filles, l'annonce agit comme une déflagration. L'équilibre familial est ébranlé. Comment réparer ce qui semble à jamais détruit et que le temps joue contre soi ?

- Chacun tente à sa manière d'apprivoiser cette réalité nouvelle. Sam, l'aînée, cherche du réconfort auprès d'Élie, son copain, mais les souvenirs qui remontent menacent de tout emporter. Loun, la cadette, se tourne vers sa soeur et ses proches pour combattre l'angoisse qui la dévore. Dans une atmosphère lourde, les quatre jours à venir détermineront le futur de cette famille rongée par les secrets et les non-dits.


  • Les petits courages, Sabrina Delarue, Editions du Sonneur, 17.50€


Un premier roman qui s'empare, avec sensibilité, humour et intelligence, des questions qui traversent nos sociétés : le sens du travail, la famille, les destins tracés, l'amour... À quoi s'ajoute la présence magnétique d'un livre culte pour de nombreux lecteurs : L'Art de la joie de Goliarda Sapienza, symbole de liberté et de changement. Il y a d'abord Louise mère constamment débordée, qui a peur de ne pas être à la hauteur pour son petit Antoine. Il y a aussi Maria, qui se relève de la maladie. Il y a Iris, qui se demande comment trouver l'amour quand on est infirmière de nuit. Il y a ensuite Carmen, qui cherche sa place auprès de ses parents, avec toute la puissance de sa douceur et de sa réserve. Et, enfin, il y a Amira : brillante étudiante qui fuit une carrière toute tracée en enchaînant petits boulots et missions d'intérim. Cinq femmes, cinq destins reliés par un lien invisible : le roman L'Art de la joie de Goliarda Sapienza. S'il se nourrit des mots et de la pensée de l'autrice italienne, Les Petits Courages n'est pas un livre comme les autres. C'est un roman de métamorphoses. Un récit sur la magie des rencontres, un chant d'amour adressé à ceux que l'on pensait perdus. C'est une fenêtre ouverte en douceur sur nos mues silencieuses et nos luttes intimes.


  • Nos vies sauvages, Hemley Boum, Gallimard, 22€


«Par temps calme, alors que la mer est d'huile et que les marins les plus aguerris baissent la garde, il arrive que surgisse une vague qui parfois atteint trente mètres de haut. Pour pouvoir raconter, il a bien fallu que certains survivent à la vague scélérate.» Cameroun, 2018. Ndolo Elimbi, avocate lumineuse et héroïque, est emprisonnée pour s'être élevée contre un pouvoir autoritaire. Au coeur de ce régime, la redoutable commissaire Zeinabou n'ignore rien de ses faits et gestes, ni de son amour pour Enow, le charismatique opposant désormais en exil. Mais l'ennemi n'est pas toujours celui que l'on croit... Dehors, la colère enfle, la répression se durcit. Ce tableau envoûtant du Cameroun contemporain déroule aussi le destin d'une Afrique fragile et tend un miroir féroce à toutes les dictatures. Hemley Boum signe une vaste fresque sur le désenchantement des peuples, les ressorts de la corruption et la puissance des femmes lorsqu'elles s'allient.


  • Herbier du souvenir, Jean-François Beauchemin, Québec Amérique, 20€


Deux ans après la mort de son frère, qui souffrait de schizophrénie, un homme revisite leur histoire commune au fil de son quotidien. Grâce à l'amour de ses proches - sa femme Livia, leur vieux chat Lennon, la voisine madame Vermeulen -, grâce aussi à l'intarissable splendeur du monde, il réapprend doucement la joie. Son témoignage prend ici la forme d'un herbier, c'est-à-dire d'une collection de souvenirs semés puis recueillis dans la vaste vallée fleurie de sa mémoire, et destinés, comme dans les albums photos, à une certaine immortalité.

La mort d'un être aimé est presque toujours un éboulement. Mais cette dégringolade de pierres favorise sur la pente dévalée, labourée par le mouvement impétueux du matériau, la poussée prochaine de nouvelles fleurs. C'est de cette reconfiguration d'un certain sol de l'esprit, de l'âme, des sens, de la volonté et du destin lui-même que sont nées les pages qui commencent ici. Voici la chronique d'un retour au calme, une histoire où perce sur quelques rameaux printaniers le bref bourgeon des souvenirs. Une évocation dont la manière d'être, la disposition générale s'apparentent à celles d'un jardin aux pétales peut-être abîmés, mais exposés à nouveau aux chauds rayons solaires. Voici le récit d'un chagrin apaisé.


  • Nous aussi, Anne Godart, Actes Sud, 20€


On fait partie d'une grande famille. On sait qu'on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l'été dans notre maison à la montagne. On trouve que c'est normal. C'est chez nous, c'est à nous, c'est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s'appartient. On ne sait pas comment dire je, on n'en a pas besoin, puisqu'on est nous. Nous les enfants, les frères et soeurs, les cousins, les cousines, on partage tout, nos écoles, nos chambres, nos habits, nos repas, nos jeux, nos bains, nos lits. On est les membres indissociables du grand corps familial. On n'a jamais vécu dehors. On ne sait pas ce que c'est. On n'en est pas capables. On n'en a même pas envie. Et tout aurait dû continuer ainsi, dans un même immuable recommencement. Le jour où la façade s'est fissurée, on n'a pas compris. Ça n'aurait pas dû se produire, pas dans notre famille. Ce n'était pas possible que ça nous arrive, à nous aussi.


  • Joseph dans la nuit, Olivier Grondeau, L’Iconoclaste, 19.90€


Passionné de poésie et d'ailleurs, Olivier Grondeau a passé huit ans sur les routes après des études littéraires et des expériences de libraire. À l'automne 2022, il se trouve à Chiraz, en Iran, au moment des manifestations " Femme, Vie, Liberté ". Arrêté, il est emprisonné pendant deux ans et demi, notamment dans la prison d'Evin, et devient l'un des visages de la " diplomatie des otages ", ces Occidentaux détenus pour faire pression sur leur pays d'origine. Libéré en mars 2025, il poursuit aujourd'hui des études d'anthropologie à Montpellier. Joseph dans la nuit est son premier livre.À travers une expérience si singulière, il touche des thèmes universels : la liberté, la peur, la survie, l’identité, la force de l’art. Et nous offre une plongée exceptionnelle au coeur des prisons iraniennes. Un texte comme un appel à croire, même dans l’ombre, que quelque chose en nous refusera toujours de céder.


  • Congés Payés, Tiffany Tavernier, Sabine Wespieser Editeur, 22€


L'été 1937 est celui des premières fois pour Emma, une ouvrière parisienne : premier voyage en train, premières vacances, première fois face à l'océan. Il faudra l'enthousiasme de Luis, un ami de son mari disparu, pour la convaincre de prendre ses congés payés et l'embarquer à Biarritz avec son fils Julien, qu'elle élève seule. Dans leur cabanon sur la plage, le rythme de l'usine imprimé dans son corps, Emma s'inquiète : va-t-elle retrouver son poste à son retour ? et, au fond, pourquoi Luis, qui ne cache pas ses sympathies anarchistes, les a-t-il invités là ? Le soir de leur arrivée, elle ne se doute pas qu'un homme l'observe, fasciné par son visage que terrifient les vagues. Ils ne sont donc pas seuls dans ces parages. Dès le lendemain, l'irruption furibonde d'une femme bien mise le leur confirmera : elle entend bien les déloger de ce rivage qu'elle considère comme la propriété privée de sa famille. Mais Julien, jeune adhérent au Parti communiste, lui tient tête. Le décor est posé : alors que la guerre d'Espagne fait rage au-delà de la frontière, les liens que vont tisser les protagonistes pendant quinze jours de cohabitation forcée sur ce bord de mer se feront l'écho des violents conflits de classe traversant les années 1930. Congés payés, roman d'émancipation, roman d'amour et roman social, un salutaire vent d'espérance et de liberté.

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